• Parution : La steppe de Yenislava - Horrifique #133

    Champagne !

    La steppe de Yenislava est parue ! smile^^cool

    Cette nouvelle est destiné à un public averti. Elle parle de virilité et de féminité tordus par la haine. Le contexte est inventé mais très inspiré des nomades des steppes du Kazakhstan d'avant Gengis Khan.

     

    Horrifique 133

     

    Horrifique #133
    spécial Femmes de l'étrange


    Sommaire

     Place des Hortenseas de Tepthida Hay

    La steppe de Yenislava de Marie-Catherine Daniel

    La crapaudière de Céline Maltère

     

     

    Horrifique "est le plus vieux fanzine au Canada" . Comme son nom l'indique, il est dédié à l'horreur.

    Vous pouvez le commander par sa page FB, ou, si vous êtes au Canada, lui demander où se trouve le dépôt le plus proche de chez vous.

      

    La steppe de Yenislava (extraits)

      Le soleil trépassait, déchiqueté par les crocs des pics de l’ouest. De vague d’herbe en vague d’herbe, la steppe nappée de lumière ensanglantée s’assombrissait. La jument d’Oumlaï ralentit l’allure. Son cavalier ne réagit pas. La bête s’arrêta, frissonna longuement, baissa la tête et se mit à brouter.

    Oumlaï, déjà avachi, s’affaissa un peu plus sur la selle. Le fier Tarpanoï n’était plus, il avait bu la haine jusqu’à en être consumé. Seuls demeuraient le chagrin et l’épuisement.

     

    [...]

     

    « Au temps où Tengger, le Ciel bleu, n’avait pas encore confié son nom à la steppe, Tar, le roi des loups, défia le souverain des chevaux. Le combat acharné dura du crépuscule jusqu’à l’aube. Enfin, Tar vainquit l’étalon et se reput de ses entrailles. Puis il vainquit une seconde fois, en forçant devant tous la plus fière jument de la horde à devenir son épouse.

    De cette union naquit Khömiloa, Celle-qui-n’oublie-pas.[...]

     

    [...]

     Le jeune homme ne la remarqua pas immédiatement, mais quand son regard accrocha le sien et qu’il y reconnut la haine et la liberté implacables aperçues dans les yeux de la reine, il n’arriva plus à en détacher les yeux. Il se demanda fugacement pourquoi cette princesse avait réchappé au massacre systématique de toute la famille royale. Mais la réponse fusa, évidente : elle ne pouvait être ni fille ni épouse du roi vaincu. Sa noblesse, comme à beaucoup d’autres, lui venait directement de la steppe.

    Aaaahiiiiiiiiiii... Le cou de cygne de la femme modula le cri-chant. Le torse se déploya libérant les seins d’ivoire : deux perdrix des neiges prirent leur essor, bouleversantes de grâce dans leurs vains tressaillements. Aaaahiiiiiiiiiii... Les bras ondoyèrent au-dessus de la tête, les algues brunes de la chevelure s’y mêlèrent, le visage au nez droit se tendit vers le ciel de la yourte. Aaaahiiiiiiiiiii...

    La femme-oiseau s’envolait. Et s’envolait encore. Aahii Ya ! Puis retombait. Aaaahiiiiiiiiiii... Les genoux pliaient un peu plus à chaque bond. Aahii Ya ! Aaaahiiiiiiiiiii... Le cygne devenait marmotte encerclée par les loups. Aaaahiiiiiiiiiii... Accroupie, elle tournoyait sur elle-même, présentant tour à tour l’intimité ombreuse au creux de ses cuisses et le caillé moulé et ferme de ses fesses.

    La pavane sauvage et sensuelle continua, exhalant des fragrances de sueur de plus en plus capiteuses. Oumlaï n’était plus que nez dilaté, poitrine frémissante, yeux écarquillés, et pénis dressé.

    Le regard de la belle demeurait aussi coupant que le vent hivernal mais, à chaque figure de danse qui les mettait face à face, elle dardait sa langue vers lui.