• Parution : La Caverne des centaures mâles, Ed. Mythologica

    Ma nouvelle
     

    La Caverne des centaures mâles

     

    vient d'être ré-éditée en numérique

    aux Editions Mythologica

     

    (1ère édition dans l'anthologie "Les héritiers d'Homère", Argemmios, 2009)

    Couverture : Mathieu Coudray

    Disponible à la boutique de Mythologica et dans les librairies en ligne (à partir du 4 mai)

    Nb pages : 11

    Prix : 0,99 euros

     

    "Ici, la caverne est plus qu'un antre. Pour ce jeune centaure qui craint d'en sortir, elle est le refuge de la caverne de Platon, le miroir d'illusions qu'il refuse de perdre. C'est également un texte très poétique sur le devoir."          Questions SFFF

     

    "Un très beau texte plein d'émotions [...] nous offrant une belle réécriture douloureuse du mythe platonicien de la Caverne, sur le thème de la peur et de la lâcheté."                                                                                              Psychovision

     

    "Un texte qui vaut le détour ! La métaphore du passage à l'âge adulte est très bien rendue, dans un monde qui est pourtant totalement différent du nôtre. L'auteur arrive en quelques pages à nous plonger dans cette culture et à nous faire partager le mal-être de son protagoniste. Les symboles sont nombreux (à croire que les histoires de cavernes ont toujours une haute portée philosophique) et j'ai beaucoup aimé la fin. Seul bémol (rien n'est parfait en ce bas monde) le titre. Ce n'est pas forcément l'essentiel dans un texte mais celui-là n'annonce pas, pour moi, la profondeur du récit. Rien de grave, quoi."                                      Isabelle Guso

     

    Quelques extraits  ?

    Aujourd’hui, je me suis coupé les ongles. Longs et mous, ils se fendillaient sans casser lorsque je les heurtais quelque part. Sensation désagréable d’avoir les extrémités empesées de glaise. Alors j’ai pris un couteau et j’ai taillé dans la corne. Les copeaux en demi-lune étaient blanchâtres et s’effeuillaient. J’ai pensé à la lèpre, imaginé que le mal me rongeait, et voulu l’extirper entièrement. La peur de souffrir a arrêté ma lame avant qu’elle n’atteigne la chair. C’est pourquoi ce soir, j’ai encore des sabots.

    [...]

    Pourtant je suis un gamin. Même si je suis né le même printemps que Phaésas. Même si lui est adulte depuis bientôt un lustre. Je suis un enfant parce que je ne connais que la Caverne, parce que j’ai besoin d’un mentor pour me dire ce qui est bien et mal, et pour m’apporter les fruits et les herbages tendres dont mon corps se nourrit. Pour ne plus être un enfant, il suffirait que j’aille les chercher moi-même, que je sorte au soleil.

    Seulement, j’ai peur de sortir.  

    [...]

    Le brouillard qui m’emplissait s’épaissit un peu plus. Ce que suggère Enricos est d’une telle abstraction ! Non pas que Phaésas ait un enfant ; cela, je devais bien m’y attendre. Mais que ce soit le moment d’aller le chercher Est-ce vraiment le temps des amours ? Mon corps ne m’a rien dit. Depuis combien de temps ne me suis-je pas adonné aux plaisirs solitaires ? Un an ? Je ne peux ajouter « déjà », « seulement » qualifierait mieux cette éternité de lassitude. Je n’arrive pas à percevoir que, dehors, c’est de nouveau la saison du rut. Le moment, pour les mères, de se séparer de leurs enfants mâles avant qu’elles ne se rendent coupables d’inceste ; celui, pour les pères, de réfréner leurs instincts, le temps de mettre leurs fils à l’abri.

    [...]